photo_jeanpierre_bouchez

Consultant, Conférencier, Chercheur, Auteur,
au carrefour de l'académique
et de l'opérationnel


Mobiliser l’intelligence collective, développer l’innovation, mettre en œuvre et déployer le travail collaboratif, le management 2.0 et la transformation digitale des organisations…

Imprimer
PDF

Billet d'humeur : Société spectacle et populisme

Écrit par Jean-Pierre Bouchez et Christophe Assens le 14 Octobre 2019.

La surenchère dans la course à l’audience entre les médias traditionnels, et singulière-ment les chaines d’informations en continu et les réseaux sociaux ne rend pas service à la démocratie. Au lieu de proposer à l’opinion publique sur ces chaînes d’informations des échanges étayés et apaisés propice à développer l’esprit critique, les débats de société tournent aujourd’hui trop souvent au pugilat verbal, comme si c’était le seul moyen de conserver de l’audience face aux dérives d’expression dans les réseaux sociaux. 

Elles s’inspirent des codes de communication sur Internet, avec l’organisation de débats spectacles où il s’agit de provoquer l’émoi du téléspectateur à travers la confrontation de visions souvent extrêmes et insuffisamment nuancés de l’actualité. Au fur et à mesure, certaines émissions des chaînes de TV en continu (ainsi que certains médias traditionnels d’investigation) abordent les questions d’actualité à travers le prisme des jugements de valeur.

L'AFFAIBLISSEMENT DE LA DÉMOCRATIE.

Ces confrontations sauvages deviennent parfois totalement inaudibles, et donc contreproductives, chacun souhaitant surenchérir sur les propos des autres, sans prendre le temps de l’écoute. Dans cette arène théâtrale, chacun adopte une posture d’image l’emportant trop souvent sur le fond, pour renforcer la notoriété médiatique, contribuant à affaiblir toute pensée réflexive et le développement de l’esprit critique. En particulier, l’usage de ces codes propres réseaux sociaux concernant la fréquence et la volatilité des actualités, pour accroitre à tout prix l’audience, alimente comme dans un cercle vicieux le pugilat médiatique, au détriment du débat contradictoire apaisé.

Enfin, des tribunes récentes offertes à certains extrémistes médiatiques, prônant des « théories » complotistes, absurdes, extrémistes et dangereuses (tel le « grand remplace-ment »), contribuent à alimenter une recherche d’audience complaisante en jouant sur tous les registres émotionnels comme la peur, la jalousie, l’hypocrisie… Même si certains intervenants éclairés échappent à cette dérive, en réhaussant le débat public, et en développant des arguments robustes et étayés, on peut légitimement craindre que l’opinion publique adopte des positions de plus en plus extrêmes et irréconciliables sur les sujets de société, à travers des débats décousus par la violence verbale.

Tout ceci contribue à affaiblir davantage la démocratie française, déjà fortement perturbée par 1/3 d’électeurs abstentionnistes et 1/3 d’électeurs favorables aux partis anti-système. A travers la course à l’audience pour la publicité opposant les médias traditionnels aux réseaux sociaux engagés, le citoyen retient alors les idées populaires qui lui ressemblent, et tend pour certains à se réfugier dans une micro-société consituée de personnes semblables à idées et aux valeurs partagées. Ces micro-sociétés contribuent à fracturer la société en profondeur, en dressant des barrières d’intolérance entre des groupements de citoyens de plus en plus repliés sur eux-mêmes animés par des pensées négatives : les déclinologues, les complotistes, les anarchistes, etc. Ces micro-sociétés qui fleurissent à l’ombre des réseaux sociaux, sont les porte-drapeaux des contre-vérités propagés sur internet, à l’image des rumeurs véhiculées durant le brexit en Angleterre : « la Turquie entre de manière imminente en Europe faisant courir un risque migratoire ; l’Europe spolie les anglais des ressources destinées au système de santé. …». Dans ces conditions, plus le citoyen devient « populiste », considérant paradoxalement que l’information est manipulée par certains médias en faveur du système, plus il trouve un prétexte pour se réfugier dans l’entre soi des réseaux sociaux propageant les fake news.

SORTIR DE LA SOCIÉTÉ SPECTACLE.

Pour à contourner cette impasse et éviter que la démocratie ne sombre totalement dans des représentations sociales caricaturales, il serait utile de retrouver le filtre de la presse télévisée à l’image d’une certaine presse écrite. En faisant plus fréquemment appel à des experts qualifiés pour éclairer l’opinion public de manière neutre et bienveillante, ainsi que des chercheurs. Ces derniers étant, sauf exceptions, singulièrement absents des « plateaux ». L’information est un bien d’intérêt général qui ne peut pas être uniquement soumis aux règles de la concurrence commerciale entre médias, ni aux déformations subies par le prisme des réseaux sociaux.

De manière à sortir de la « société spectacle » qui alimente le populisme, on peut reprendre les principales idées de Noam Chomsky sur la manipulation de l’information dans son ouvrage « divertir pour dominer ». Il faut éviter de détourner l’opinion publique des vrais enjeux de société par une stratégie de diversion où l’image remplace l’écrit, en maintenant un pluralisme médiatique sous toutes ces formes d’expression pour mener des débats de long terme sur des sujets de complexe. Il faut éviter de s’adresser au public comme s’il était insuffisamment mature, en ne cherchant pas nécessairement à capter de l’audience de masse, mais en acceptant de développer des débats étayés qui ne sont pas financés uniquement par la publicité. Sur les sujets de société, il faut éviter d’utiliser systématiquement le registre émotionnel pour informer le public. Cela nécessite sans doute d’élever l’esprit critique des spectateurs par une formation à la communication de masse et aux médias. Il ne faut pas non plus maintenir le public dans l’ignorance, la bêtise ou la médiocrité, sous prétexte que ce serait la seule manière de conserver de l’attention à l’ère des réseaux sociaux ! Il convient au contraire de faire preuve de pédagogie sans démagogie, en communiquant par des supports modernes et interactifs, sans renoncer à l’explication de texte avec des débats argumentés.

 

Actualités

  • 1
  • 2

14 mars 2019 (Tunis/ Ecole Supérieure de Commerce) : Les pratiques collaboratives dans les grands groupes.

J'aurais leplaisirde présenter aux enseignants-chercheurs du Campus Universitaire de la Manouba (ESC Tunis), une synthèse de mes travaux sur le thème des pratiques collaboratives dans les grandes organisations en s'appuyant notamment sur la gestion des savoirs.

5 juin 2019 (Paris/Cloud Business Center) : Baromètre Paris Workplace 2019.

Au coure de cette manifestation, je commenterais mon interview en tant qu'expert, donné dans le cadre de l'étude menée par l'IFOP qui sera dévoilée à cet effet devant un public de dirigeants.

27-28 septembre 2019 (Saint-Petersbourg/School of Economics) : Présentation de mes travaux sur le Knowledge Management.

J'aurais le plaisir d'être invité à présenter à présenter mes principaux travaux académiques sur le Knowledge Management lors de la conférence Management and Economics organisé par l'Ecole d'économie de Saint-Petersbourg.

17 octobre 2019 (Paris/CNAM) : Communication au colloque consacré aux démarches de Knowledge Management.

Je présenterais dans le cadre de cette communication mes travaux consacrés au Knowledge Management et à l'innovation collaborative.

21 novembre 2019 (Paris-la-Défense/SKEMA) : Quel type d'organisation pour nos entreprises du XXI) siècle ?

J'annimerais la table ronde consacrée à "la grandeur et à la décadance du cloisonnement": Pourquoi des résistances se forment à la diffusion des flux de connaissance en entreprise ?

12-13 mars 2020 (Marrakech/Université Cadi Ayyad) : Communication sur mes travaux sur l'innovation collaborative.

J'aurais le plaisir de présenter mon dernier ouvrage consacré à l'innovation collaborative, dans une perspective méta/macro/méso/micro économique, lors du colloque international organisé par l'Université Cadi Ayyad de Marrakech consacré à l'innovation et à l'intelligence économique.

15 mars 2020 : Publication de mon nouvel ouvrage décapant sur l'innovation.

Un ouvrage en effet décapant, académique et opérationnel, sur toutes les formes d'innovations illustrée de témoignages et d'exemples probants.

19 mars 2020 (Paris/ANVIE) : Comment recréer du collaboratif dans l'entreprise ?

Animation d'une conférence/débat sur les conditions permettant de susciter et de développer des pratiques d'innovation collaborative dans les organisations.

Toutes ces actualités sont complémentaires à celles menées auprès de clients

Ces actualités privilégient en majorité les conférences et témoignages que je réalise régulièrement.

Contactez moi

Un formulaire de contact est à votre disposition pour toute question ou renseignement.

Certaines publications pourront être communiquées en format électronique à la demande. N'hésitez pas a me faire part de votre demande en utilisant le formulaire de contact.

Contactez Moi