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Billet d'humeur : Pour en finir avec la ratio-cratie.

Écrit par Jean-Pierre Bouchez le 03 Octobre 2020.

La Ratio-cratie,néologisme issu de la contraction de deux notions derationalisation et bureaucratisation, dont elle en constitue ainsi les deuxversants combinés, a émergé au premier quart du XXème siècle au sein desgrandes organisations. La première, est appa-rue, au moins au départ,avec lafigure des « cols bleus » dont l’un des principaux inspirateur futFrédéric Taylor. La seconde vit le jour via l’émergence des grandesbureaucraties managériales et leurs « cols blancs », en référence àcertains travaux de Max Weber.

Elles trouveront, comme nous le conclurons, dans la période contem-poraine, une forme d’aboutissement en termes d’instrumentation de gestion dont les dérives contreproductives se situeront à l’opposé des pratiques de responsabilisation.


LA CULTURE DE LA RATIONALISATION.

On rappellera de manière ramassée, que la démarche de Taylor repose principalement sur la réappropriation « scientifique » de l’autonomie ouvrière fondée le plus souvent sur des savoirs empiriques et tacites, et partant, une division du travail entre ceux qui pensent et ceux qui exécutent. Bien qu’introduit en France à partir de 1906, ce n’est que dans les années 1920 que le terme plus générique de rationalisation s’imposera, à l’organisation scientifique du travail, intégrant la production de masse et le travail à la chaine. Les fameuses décennies glorieuses de l’après-guerre sont largement expliquées par une croissance intensive, singulièrement entre 1959 et 1964, associée tendanciel-lement au processus de déqualification ouvrière.


LE MODÈLE DES GRANDES BUREAUCRATIES MANAGÉRIALES.

Il trouve son origine dans la foulée de la crise des années 1930 lorsque le pouvoir de la bourse a été fortement délégi-timé et que les « dirigeants » et les « managers » ont récupéré la direction effective de grandes firmes le plus souvent dévolues antéri-eurement aux « propriétaires ». Ce basculement a été théorisé par plusieurs auteurs américains, tels que Adolf Berle et Gardiner Meansau début des années 1930 et James Burnham au début de la décennie suivante. L’économiste James Galbraith s’inscrira dans cette lignée à travers la mobilisation du concept de « techno-structure » dans son célèbre ouvrage publié en 1967, intitulé The New Industrial State, ainsi que l‘historien non moins célèbre, Alfred Chandler à travers l’émergence de la « main invisible » (titre de son ouvrage de 1977) des managers aux Etats-Unis, cela dès la fin même du XIXème siècle. Cette bureaucratie managériale et professionnelle se déploiera singulièrement au cours des trente glorieuses, dans les grandes firmes institutionnelles de la plupart des pays industrialisés, et perdurera large-ment au-delà en dépit des tentatives de modernisation.
De son œuvre monumentale, rappelons que Weber (notamment dans la traduction française d’Economie et société, tome premier, Plon 1971), considérait, dans le cadre de sa célèbre typologie distinctive des modèles d’autorité, que celui qu’il qualifiait comme rationnel-bureaucratique, était le mieux adapté et le plus efficace pour la société moderne dans toutes les formes d’organisations (à l’opposé de l’arbitraire). Dans ce modèle à prétention universelle, l’autorité abstraite et impersonnelle, découle ainsi de la légalité des ordres et de la légitimité de ceux qui les donnent. Le poids des règles et des procédures en constituent les traits principaux.



VERS L’ESSOUFFLEMENT D’UN CYCLE MANAGÉRIAL DOMINANT.

Depuis les années 1980 et plus encore ensuite, le retour des nouveaux propriétaire sous forme de capitalisme actionnarial, les exigences très poussées en termes de ROI, sur fond de mondialisation de l’économie, ont fortement contribué à la profusion et aux dérives de dispositifs d’instrumentation de gestion. Dès 1983, Michel Berry en avait saisi les subtilités dans une contribution référente au titre significatif : Une technologie invisible ? L’impact des instruments de gestion sur l’évolution des systèmes humains. Nombre de sociologues notamment depuis le mitant des années 2000 en avaient décrits minutieusement les caractéristiques (Vincent de Gaulejac, François Dupuy, Marie Anne Dujarier et bien d’autres). Ainsi la Ratio-cratie, produit combiné de la culture de la rationalisation du travail et de la bureaucratisation qui s’est singulièrement amplifiée et complexifiée durant cette dernière période au sein de nombre de grandes organisations, nous conduit à considérer que l’on tend à assister à une forme d’essoufflement d’un cycle managérial dominant.


DEUX COURANTS MANAGÉRIAUX PROMETTEURS.

Cela nous incite donc à être à particulièrement attentif à deux courants managériaux. Le premier concerne cette forme d’impensé que constitue l’organisation qualifiée de « libérée » (ou plus simplement pratiquant réellement la responsabilisation). En dépit d’une médiatisation excessive, parfois abusive et de critiques recevables, on notera avec satisfaction que depuis le milieu des années 2000, les chercheurs français sont de plus en plus nombreux à investiguer de manière étayée ces nouvelles configurations, (en particulier celles œuvrant plus dans la discrétion), avec le plus souvent une perspective prometteuse en dépit de certaines limites. Nous paraphraserons le second courant, sous forme de clin d’œil à Henry Chesbrough, apôtre de l’open innovation, en complétant ses célèbres processus d’Outside-In et d’Inside-Out, par celui d’Inside-In. En effet, les dirigeants éclairés de grandes entreprises ont ainsi saisi l’intérêt qu’elles avaient à développer en leur sein de nouveaux espaces collaboratifs inspirants propices à l’innova-tion. Cela à travers le mise en place de corporate coworking (à l’image de la Villa Bonne Nouvelle d’Orange). Mais surtout via des Fablabs intégrés, permettant notamment de s’extraire du carcan de la grande organisation pour innover plus aisément en incubant par exemple des projets interne pour faciliter leur émergence et/ou en effectuant des prototypages rapides afin de matérialiser des idées. Plus largement l’encouragement et l’incitation à des démarches entrepreneuriales ou intrapreneuriales (plus poussées donc) favorisées dans ces grands groupes par leurs dirigeants s’inscrivent dans cette perspec-tive. Unealternative à la Ratio-cratie est ainsi en cours d’amorçage singulièrement depuis une dizaine d’années. Il importe, comme cela semble être de plus en plus le cas, aux observateurs et acteurs attentifs, qu’ils soient chercheurs, praticiens ou dirigeants, d’investiguer et d’analyser rigoureusement ces démarches prometteuses, de les faire partager, les diffuser et les propager dès lors qu’elles ont fait preuve de leur robustesse, en particulier en termes d’innovation, en vue de faciliter leurs expérimentations notam-ment auprès de dirigeants éclairés

Actualités

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15 décembre 2020 (Paris/Ecole des Mines Paris-Tech) : Présentation débat autour de l'innovation écosystémique.

J'aurais le plaisir de présenter à l'école des Mines Paris-Tech mes travaux sur l'innivation collaborative, ses niveaux d'agrégation et ses compoantes. La conférence se déroulera donc à l'école des Mines, 60 boulevard Saint Michel 75272, à partir de 8h30.

11 février 2021 (La Poste/Innov'Acteurs) : Autour de l'innovation participative.

Je présenterais pour l'Association pour le Développement de l'Innovation Participative, les différentes approches et pratiques associées aux différentes formes d'innovation.

26 janvier 2021 (Lille/Université catholique) : Participation au colloque international sur les écosystèmes innovants.

Sur invitation de Michel Saloff Coste, j'aurais le plaisir de faire un communication sur le thème des écosystèmes innovants à l'université catholoqie de Lille dans le cadre d'un colloque international.

3 février 2021 (Paris-la Défense/ESSEC) : Conférence débat autour de l'innovation collaborative.

Dans le cadre de ses conférences, l'ESSEC m'invite à débattre autour de l'écosystème de l'innovation et de ses perspectives prometteuses.

4 février 2021 (Angers/ESSCA School of Management) : Penser l'innovation collaborative.

J'aurais le plaisir de présenter mes travaux sur l'innovation collaborative lors du séminaire de recherche de recherche de l'UER Economie, Droit et Société, de l'ESSCA School of Management d'Angers.

9 février 2021 (PSA/Vélizy) : L'innovation collaborative et ses usages.

Je présenterais à un groupe de chercheurs de PSA, les pratiques et les usages prometteurs de l'innovation collaborative. Cette présentation sera suivi d'échanges et de débats.

12 février 2021 (Experts Bridge) : La dynamique des écosystèmes.

Sur l'aimable invitation de Pascal Valenduc, créateur de Experts Bridge, j'exposerais en visio conférence la question de la dynamique des écosystèmes, au regard notemment de l'innovation.

19 février 2021 (Lyon/Spark Lab) : Pratiquer l'innovation.

L'agence en innovation digitale Spark Lab m'invite aimablement à présenter et débattre devant ses équipes del'innovation sous toutes ses formes.

20 février 2021 (Marrakech/Université Cadi Ayyad) : Innovation écosystémique.

J'aurais le plaisir de présenter une perspective renouvelée de l'innovation fondée sur les écosystèmes, auprès des enseignants chercheurs et étudiants de l'Université Cadi Ayyad de Marrakech.

4 mars 2021 (Neuilly/Grant Thortorn/Human&Co) : Conférence sur l'innovation collaborative et ses enjeux.

Dans le cadre de l'association Human&Co, j'effectuerais une conférence-débat autour de mon récent ouvrage consacré à l'innovation collaborative et son écosystème. Cette conféence se déroulera à Neuilly dans les locaux du groupe Grant Thornton à 17h30.

29 mars 2021 (Montpellier/Chaire Co-Innovation) : Echange et débats autour de l'innovation collaborative.

C'est avec plaisir que je participerais aux échanges et débats organisés par la Chaire Co-Innovation de l'Université de Montpellier autour de mes travaux consacrés à ce thème.

30 mars 2021 (Paris/Maison du Mangement) : Innover de manière collaborative.

Je suis invité à présenter et à débattre sur une perspective renouvelée de l'innovation et de ses pratiques ausein de la Maison du Management, de 11h à 12h30.

10-11 juin 2021 (Lyon/ESSCA) : Participation à la conférence sur l'innovation.

J'aurais le plaisir de participer à la conférence de l'ESSCA de Lyon consacré à l'innovation. J'y présenterais mon ouvrage et mes travaux consacré sur ce sujet.

Septembre 2021 - date à fixer - (Paris/Les Mardis de l'innovation) : Penser l'innovation.

J'effecturais avec plaisir, une conférence sur les enjeux de l'innovation au sein des organisations, adans le cadre de cette conviviale institution que sont les Mardis de l'innovation.

Toutes ces actualités sont complémentaires à celles menées auprès de clients

Ces actualités privilégient en majorité les conférences et témoignages que je réalise régulièrement.

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